Pour les Frères musulmans libyens, la deuxième force politique au parlement de Tripoli, la médiation marocaine dans la guerre civile qui ravage leur pays est nulle et non avenue. Ils disent préférer que ce rôle soit assumé par l’Algérie, arguant que les autorités du voisin de l’Est, en plus du facteur de la proximité géographique, «connaissent mieux que quiconque» les subtilités du dossier.
Dans des déclarations au quotidien El Khabar, Saleh El Mesmari, député islamiste du Parti de la justice et la construction, a révélé que sa formation n’a reçu «aucune invitation de Rabat en vue de prendre part aux prochaines négociations et nous n’avons même pas été avisés du choix du lieu». Et d’ajouter que le PJC, affilié à la confrérie des Frères musulmans, «n’est pas en possession des détails de la médiation marocaine», estimant que certaines parties «souhaitent écarter l’Algérie en déplaçant le dialogue au Maroc».
Un réquisitoire contre Rabat qu’il conclut en pointant du doigt de présumées pressions franco-américaines sur les Nations Unies en faveur du Maroc, pour abriter une nouvelle session du dialogue interlibyen.
Le parlement de Tobrouk pro-égyptien boycotte la réunion de Rabat
Et comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, le parlement libyen basé à Tobrouk (extrême Est du pays), sous influence égyptienne et reconnu par la communauté internationale, a décidé à l’issue d’une opération de vote, hier, de suspendre sa participation au dialogue sur une sortie de crise en Libye parrainé par l'ONU. Le Maroc n’a, cette fois, rien à voir dans ce boycott. Les députés rejettent, en effet, les plans de l’envoyé des Nations Unies en Libye, l’Espagnol Bernardino Léon, de former un gouvernement d’union nationale avec les Frères musulmans.
De son côté, le ministre des Affaires étrangères algérien, Ratmane Lamamra a évité lors d’un point de presse tenu avec son homologue néerlandais, hier, de mentionner toute médiation du Maroc dans la guerre civile en Libye. Il a souligné que son gouvernement continue à «travailler avec l'Egypte et avec d'autres parties pour transcender cette conjoncture difficile et faire de sorte que tous les Libyens, à l'exception des terroristes, puissent ensemble avancer vers la réconciliation nationale par le dialogue et vers cette sortie de crise à laquelle toute la communauté appelle».
La semaine dernière, Le Caire a accueilli une réunion de représentants algériens, tunisiens et égyptiens pour discuter de la crie libyenne. Réunion où le Maroc n’était pas convié.