Arrivée à l’hôpital, je me précipite directement vers l’accueil, brisant cette chaine d’attente, sans vraiment m’en rendre compte. Je m’excuse auprès de ces personnes là que je devance volontairement avec les larmes aux yeux, la gorge nouée, et le souffle presque coupé. Mais on me pardonne facilement.
Chambre 345, 3ème étage, en salle de réa, au fond du couloir m’indique la personne de l’accueil, ponctuant sa phrase par ‘Mademoiselle, n’y allez pas seule’.
Je repars sans perdre une seule seconde. Je prends les escaliers, je les monte deux par deux, avec un élan prononcé et sans relâche, bousculant sur mon passage deux ou trois infirmières me barrant la route. Et cette phrase dont je n’arrive pas à me défaire, et que je garde en tête tant bien que mal… ‘N’y allez pas seule’. Une phrase simple, qui m’annonçait un peu la couleur. A ce moment là, je ne sais absolument pas à quoi m’attendre. Je laisse travailler, à contre cœur, mon imagination. Une imagination que je ne réussis pas à contrôler.
Dernière ligne droite. Je marque un temps d’arrêt, je reprends mon souffle, tout en essayant de retenir mes larmes. Quand enfin je réussi à le faire, je m’apprête à parcourir ce dernier long couloir blanc. Le carrelage est glissant, blanc lui aussi et il brillait. J’ai mal au ventre, j’ai peur. La peur d’avancer, la peur de ce que j’allais découvrir dans cette fameuse chambre 345, au fond du couloir.
Sans le moindre virage à l’horizon, je décide enfin de l’entamer avec fermeté, écartant toute éventualité de revenir sur mes pas. Je refusais d’attendre le reste des visiteurs qui n’allaient pourtant pas tarder. Mais moi, j’étais là et je voulais y aller, je voulais y aller seule.
Les jambes tremblantes, le cœur serré, le rythme accéléré, j’essaye de puiser un peu de force et de courage pour affronter ce qui m’attendait. Une force et un courage qui m’accompagneraient jusqu’au bout de ce couloir, comme on me l’avait précisément indiqué.
Plus j’approchais la chambre 345, plus l’envie de faire demi tour grandissait, mais je décide de continuer.
Je rentre dans cette chambre pleine de lumière où tout était vitré. J’y découvre au loin un corps fatigué, meurtri et ravagé par la maladie, un corps fin et plat presque inanimé, un squelette maintenu par des machines. Ses os montés en pics transperçaient son faible corps déformé, son visage creux, sa peau blanchâtre de la couleur d'un cadavre, des yeux profonds, des joues inexistantes, et un cou comparable à une poignée de main. Et ce bruit répétitif des machines que je n’oublierai sans doute jamais.
Je reste plantée là, à attendre, sans bouger, les larmes n’ont jamais autant coulé, sans maîtrise aucune, je reste là, à contempler ce corps, presque sans vie. Je n’avais pas le droit de l’approcher, je ne pouvais le voir qu’à travers les vitres à ce moment là.
Le reste du groupe qui devait me rejoindre arrive enfin. Le médecin arrive également au même moment accompagnant ce groupe. Plongé dans un interrogatoire, je ne retiens qu’une seule et unique phrase que j’entends murmurer au loin : ‘Il n’y a plus rien à faire’.
je suis très touchée pour toi. les larmes ont coulé seule en te lisant, ça m'a rappeler un moment que j'ai vécu... que dieu te vienne en aide et t'accorde la force nécéssaire pour surmonter ça.
Inna lilahi wa ina ilayhi raji3oun. Aussi difficile soit la perte, n'oublie pas que nous sommes tous passager sur terre. Quitter cette terre sera pour elle/lui sa délivrance à de grandes douleur.
Je te souhaite, ainsi qu'à tes proches beaucoup de force.
Qu'Allah swt vous apaise chère soeur.
N'oublie pas que nous sommes ici pour surmonter les épreuves jusqu'à ce que notre Seigneur nous rappel à Lui.
Je suis de tout coeur avec vous.
Allah (swt) y sahel 3likoum.
[center]La politesse est une monnaie destinée à enrichir non point celui qui la reçoit mais celui qui la dépense.[/center]
Très sincèrement, je compatis. J'ai partagé ton sentiment, ton choc devant la chambre de réanimation.
Avec ta description pleine d'émotions, t’as pu toucher mon fond qui fond et combien il fond.
J'ai tellement pleuré pendant que je te lisais. Je n'ai pas pu m'en empêcher car le souvenir était de nouveau là. C'était un proche très très cher pour moi et qui pesait fort fort dans ma vie, qui nous a quitté il n'y a pas si longtemps dans les mêmes conditions.
Allah irahmou fhad sa3a yarabbi amine wirham jami3 lmouslimine.
Chamaliya, laisses moi te dire que je comprends parfaitement bien ton état mais personne ne demeure éternellement dans ce bas monde. Invoques Dieu à ce que le malade ne souffre pas ou souffre moins sous son appareil. C’est ce qui l’aidera. Son heure viendra lorsque Dieu le décidera. Et dis toi que fkoul 3adab di dounya maghfira li donoub et le destin, personne ne s’en échappe.
Remets toi à Allah tout en supportant ce malheur duquel tu passes à présent.
Allah m3a lmarid. Allah m3ak. Allah m3a familtou. Allah issabarkoum jmi3
Quand on vit ou a vécu ce genre de chose il ne faut pas sombrer dans la folie. Des cellules psychologiques sont mises à la disposition des familles des malades. Surtout ne pas hésiter à pousser ces portes.
Que Dieu (swt) t'apporte de son soutien en ces moments terribles que tu vis.
J'aurais aimé te réconforter avec quelques paroles mais je ne sais que dire en de telles circonstances, je me trouve désemparée.
J'ai eu des frissons à la lecture de ton message...
[b]Tu dis que si les élections Ca changeait vraiment la vie,
Y'a un bout d'temps, mon colon, Qu'voter ça s'rait interdit !
Ben si l'école ça rendait Les hommes libres et égaux,L'gouvernement décid'rait Qu'c'est pas bon pour les marmots![/b] Renaud
Quelle triste nouvelle et quel choc ce doit être pour toi... J'avoue que j'ai du mal à exprimer ce que je ressens car j'ai vécu un peu la même chose il y aura un an le 16 octobre....
Courage, oukhti. Tant qu'il y a de la vie, il doit y avoir de l'espoir. Remets t'en à Dieu et prie. Si son heure est arrivée, qu'il en soit ainsi, ina lilahi oua ina ilayhi radji3oun. Le plus dur est pour ceux qui restent, soyez unis, autour de sa mémoire, et Dieu vous donnera la force, incha Allah.