Le buzz du nouveau clip de la chanteuse britannique peut être expliqué pour deux raisons essentiellement. D’une part, Mia est réputée pour faire des vidéos poignantes alliant esthétisme et images choc. D’autre part, parce que le réalisateur du clip n’est autre que le Français Romain Gavras, fils du cinéaste grec Costa Gavras connu pour réaliser des clips violents et ne jamais les commenter. C'est la seconde fois que Romain Gavras réalise le clip de la chanteuse. Le premier clip était Born Free, un clip qui avait été censuré d’ailleurs, dans lequel on voit de jeunes hommes roux se faire abattre par des policiers américains.
Nouveau clip de Mia tourné à Ouarzazate
Des tigresses au volant
La scène du clip «Bad Girls» se passe dans un petit village délabré situé en plein milieu d’un désert, séparé par une route, et entouré de collines. Une fois passée la séquence du générique écrit en Arabe sur les murs, on y voit des femmes arabes voilées. Elles portent des lunettes d’aviateur, des robes longues de type gandouras très chics aux motifs félins, se pavanant autour d’une voiture, des Kalachnikovs à la main. L’une d’entre elles est au volant et si on y regarde de près, on remarque d’ailleurs sur ses manches un genre de patchwork composé du célèbre motif Burberry. Ces femmes ne représentent nullement des Marocaines mais plutôt des Saoudiennes.
Plus de femmes vierges !
La chanteuse a souhaité rendre hommage aux femmes saoudiennes qui n'ont pas le droit de conduire dans le pays. «Dans la vidéo, les filles sont armées de mitrailleuses, dansent de manière provocantes dans le désert et sont observées par des hommes. Beaucoup de personnes ont vu dans ce clip une manière d’insulter le gouvernement saoudien», explique Lucy Jones, journaliste, travaillant pour le Telegraph. «Ce clip est un gros doigt envoyé aux lois inhumaines qui existent dans le pays à l’égard des femmes. C’est le seul pays au monde où les femmes sont interdites de conduire. Des intellectuels du pays avaient déclaré en décembre dernier qu’autoriser les femmes à conduire provoquerait une explosion de la prostitution, pornographie, homosexualité et divorce. Ils ont également déclaré que si cette interdiction était levée, il n’y aurait plus aucunes femmes vierges dans les 10 prochaines années», s’étonne la journaliste anglaise.
Mais ce clip n’est pas au goût de tout le monde. «Je pense que ce clip est plein de stéréotypes à l’égard des Arabes et «cheap», explique une bloggeuse sur son compte Twitter racontant également l’avis d’une amie Saoudienne. «C’est bizarre de voir les hommes couvrir leur visage, ils ressemblent à des femmes. Cette vidéo renforce encore plus les stéréotypes entre les hommes et les femmes», estime une activiste du nom de Fatimah Shah.
Fan de sandale skating
Par ailleurs, pour se moquer des lois du pays, les femmes dansent de manière très suggestive devant des dizaines d’hommes, incarnant des Saoudiens portant l’habit traditionnel, totalement passifs devant ces danses lascives. Lorsqu’ils ne sont pas en train de regarder les femmes danser, on les voit en train de faire des drifts (rouler en voiture sur les deux roues latérales seulement) sur la route ou de faire du «sandale skating», comme s’il s’agissait de leur passe-temps favori. Ces cascades nous rappellent les nombreuses vidéos circulant sur You Tube «où l'on voit parfois des gens faire n'importe quoi avec de grosses berlines japonaises», souligne le site Turbo.fr
Des Saoudiens en babouches
Le clip fait plusieurs clins d’œil au Maroc, assez humoristiques. Comme par exemple, les hommes censés représenter des Saoudiens qui portent des babouches royales de couleur jaune. D’autre part, lors des cascades et des drifts, on peut également remarquer les plaques d’immatriculation marocaines.
Sandal Skating en Arabie Saoudite
Un Drift réalisé dans un des pays du Golfe